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Sagemcom : un accord précurseur sur la classification des emplois

Comme le détaille Bernard Morin, délégué syndical CFE-CGC, le leader des terminaux communicants est la première entreprise à se doter d’un accord pour déployer la nouvelle convention collective de la Métallurgie.

Comme le haut débit transitant par ses box internet et décodeurs TV dont l’entreprise est le premier fabricant mondial, le dialogue social est parfaitement connecté à l’actualité sociale chez Sagemcom. Moins d’un mois après la signature, par les partenaires sociaux de la métallurgie, d’une nouvelle convention collective pour 1,6 million de salariés et 42 000 entreprises, le leader des terminaux communicants a annoncé, le 2 mars dernier, un accord de méthode sur les modalités de déploiement de cette nouvelle classification conventionnelle de branche au sein de l’UES Sagemcom (820 salariés basés à Rueil-Malmaison, en région parisienne).

Signé par la CFE-CGC (80 % de représentativité) et par FO, le texte fixe les acteurs et le calendrier des travaux de classifications, et prévoit un comité paritaire de suivi avec 10 représentants (5 pour la direction, 5 pour les salariés). La négociation, instiguée par la direction, a mis en valeur l’efficience du dialogue social chez Sagemcom, en bonne santé économique (2,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2021) et qui n’a pas connu de chômage partiel durant la pandémie de Covid-19. « Nous sommes plutôt satisfaits de cet accord qui s’inscrit dans une bonne dynamique avec la mise en place, pendant la crise sanitaire, d’un comité ad hoc qui a bien fonctionné, souligne Bernard Morin, délégué syndical CFE-CGC et secrétaire adjoint au comité social et économique (CSE). J’ai confiance dans notre capacité à décliner avec pragmatisme la nouvelle convention en tenant compte des particularités du terrain. »

CARTOGRAPHIE ET COTATION DES EMPLOIS

Pour être fin prêts d’ici au 1er janvier 2024, date d’entrée en vigueur de la nouvelle convention collective, les ateliers de classification vont plancher sur une cartographie des emplois chez Sagemcom afin d’en analyser le contenu et de procéder à leur cotation en attribuant des points à chaque emploi pour chaque critère classant. « C’est un gros travail de recensement et d’adaptations pour assurer une cohérence globale entre les emplois sachant qu’aujourd’hui, il y a plus de 200 fiches emplois pour 820 salariés dont 85 % de cadres », explique Bernard Morin, 40 ans de maison et qui a lui-même gravi tous les échelons dans l’entreprise après y avoir débuté comme technicien.

Par ailleurs, rien ne sera totalement gravé dans le marbre puisque l’accord prévoit qu’après le 1er janvier 2024, le comité paritaire de suivi « pourra faire remonter les difficultés éventuellement exprimées par les collaborateurs consécutivement à la mise en place de la nouvelle classification, et proposer des ajustements le cas échéant ».

S’agissant des représentants des salariés au sein de ce comité de suivi, l’accord stipule « que le temps passé dans le cadre des réunions du comité sera considéré comme du temps de travail effectif et rémunéré comme tel, et qu’il ne sera pas déduit du crédit d’heures de délégation des salariés ».

NÉGOCIATION À VENIR SUR LE DROIT SYNDICAL

Sur les autres dossiers, Bernard Morin nourrit quelques regrets sur l’accord relatif à la négociation annuelle obligatoire (NAO) qui a entériné une hausse générale de 2,8 % cette année : « C’est en-dessous des minimas conventionnels de 3,1 % fixés par les partenaires sociaux de la branche mais le timing fait que nous avions signé avant ce texte et avant le début de la guerre en Ukraine et ses répercussions. » Le militant exprime en revanche sa satisfaction concernant les accords en vigueur pour l’intéressement et la participation sur les résultats 2021, qui devraient encore représenter plus de 10 % de la masse salariale.

Tout en préparant les élections professionnelles prévues en novembre prochain, les équipes de la CFE-CGC Sagemcom travaillent sur les négociations à venir dont l’intéressement et un projet de révision de l’accord sur le droit syndical, « avec en particulier la possibilité de pouvoir numériser la distribution de tracts », espère Bernard Morin.

Propos recueillis par Mathieu Bahuet