12 janvier 2010
Après la Twingo délocalisée en Slovénie, la future Clio IV, emblème de la marque au Losange et véhicule Renault le plus vendu sur le territoire français, même en cette période de crise, sera sans aucun doute fabriquée en Turquie.
Cette hypothèse, actuellement non confirmée par le constructeur a le mérite de faire remonter au niveau politique ce que la fédération de la Métallurgie CFE-CGC soupçonne depuis longtemps sur la réelle volonté du constructeur à maintenir de façon pérenne le niveau d’emploi actuel de ses usines françaises.
En effet, malgré les garanties prises entre l’Etat français et la direction générale de Renault sur la non fermeture de sites français pendant la durée de l’emprunt, le constructeur réduit de manière insidieuse les effectifs de ses sites de productions, les privant, de fait, de toutes possibilités d’assurer à terme leurs compétitivités face à la concurrence des sites étrangers !
La CFE-CGC constate avec amertume, que depuis 5 ans, le volume de production réalisée en France est passé de 46 à 25% alors que la France et l’Europe constituent toujours l’essentiel du cœur du marché de la marque Renault à hauteur de 60%. « Localiser les fabrications au plus près des marchés ». Pourquoi ce fameux leitmotiv utilisé par le constructeur national pour justifier ses implantations de sites à l’étranger ne s’applique t-il pas à la France ?
Alors, malgré les annonces positives concernant le site de Flins, (véhicule électrique, production de batterie, déconstruction de véhicule), la CFE-CGC estime que ces activités, encore pleines d’incertitudes en termes de marché, ne peuvent garantir le niveau actuel des emplois. Il est impératif de garantir ce niveau d’emploi par une activité d’assemblage de véhicules classiques qui représenteront encore 80% des ventes jusqu’à l’horizon 2020.
La CFE-CGC a soutenu et approuvé la totalité des mesures prises par l’Etat pour soutenir l’industrie automobile et les constructeurs nationaux en particulier. Alors, il n’est pas question que les salariés de cette filière subissent la double peine en étant à la fois chômeurs et contributeurs par leurs impôts à la relance des entreprises qui, à terme, délocalisent leurs productions alors que la France et ses habitants se sont endettés pour les sauver !
Il est donc légitime que l’Etat demande des explications sur ce qui pourrait devenir « un marché de dupes » si cette nouvelle était confirmée.