#Résumé : plénière du CNI, avec déclaration CFE-CGC et intervention d’Eric Vidal

Réunion plénière du Conseil National de l’Industrie (CNI)

Le Conseil national de l’industrie s’est réuni en séance plénière le 17 mars 2017 sous la présidence de Bernard CAZENEUVE, Premier ministre, et en présence de Myriam EL KHOMRI, Ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue Social et Christophe SIRUGUE, Secrétaire d’Etat chargé de l’Industrie, du Numérique et de l’Innovation. La CFE-CGC était représentée par Xavier LE COQ, délégué national confédéral à l’industrie et membre du bureau du CNI, et par Eric VIDAL, représentant CFE-CGC au Comité Stratégique de Filière Automobile.

Le Conseil National de l’Industrie a présenté au Premier Ministre quatre recommandations relatives à « la formation continue et professionnelle tout au long de la vie » et dix recommandations pour « réussir la nouvelle révolution industrielle »

L’avis du CNI sur la formation continue a été l’occasion d’insister sur l’enjeu crucial pour l’industrie du futur qu’est l’adaptation et le développement des compétences et de la qualification des salariés. Il faut réellement penser la formation comme un investissement pour réussir cette transformation qui arrivera inéluctablement du fait de la transformation numérique de notre industrie.

L’avis « Réussir la nouvelle révolution industrielle » démontre que cette double révolution, digitale et sociétale, est une formidable opportunité pour renforcer la compétitivité de notre industrie en repensant les produits, les processus et les modèles d’affaires pour innover, monter en gamme, développer l’offre de services…  Toutes les filières industrielles doivent maintenant se mobiliser pour que chaque entreprise, chaque PME, s’approprie l’industrie du futur et en fasse un levier de croissance.

Lors du tour de table, la CFE-CGC a insisté sur les points suivants :

  • Si l’investissement productif reste encore insuffisant, malgré tous les dispositifs qui ont été créés, il est essentiel que les dispositifs de soutien à l’investissement et à l’innovation aient pour objectif principal un maintien ou un développement de l’activité et de l’emploi en France.
  • Dans le cadre de la politique filière, il est fondamental de penser à toutes les entreprises d’une filière plutôt que de ne cibler que les donneurs d’ordre (par exemple, les commandes exceptionnelles de rames de TGV annoncées en septembre 2016 devront contribuer à remplir les carnets de commande de l’ensemble des sites de production français de la filière ferroviaire).
  • Une attention tout particulière doit être portée sur l’avenir de la filière des composants électroniques, semi-conducteurs, gage de réussite de l’Industrie du Futur (projets avions électrique, voiture autonome …).
  • La CFE-CGC a regretté fortement la position prise par le gouvernement français lors du conseil européen des ministres de l’environnement le 28 février dernier qui portait sur la révision du système « d’échanges de quotas de CO2 ». Si certains pays voisins ont défendus la sidérurgie européenne contre une proposition de la Commission qui conduirait inéluctablement à un désinvestissement massif dans les outils de production d’acier en Europe ; la France a elle, défendue une position dogmatique, néfaste à la sidérurgie européenne, et qui sera sans effet sur les émissions de gaz à effet de serre (le CO2 qu’il soit produit en Asie ou en Europe a le même effet sur le réchauffement climatique !).

Séance plénière du Conseil National de l’Industrie (17 mars 2017)

Déclaration CFE-CGC

En préambule, la CFE-CGC tient à rappeler qu’elle soutient le CNI dans toutes ses composantes (CNI, CSF et Sections Thématiques Transversales), et que ses représentants y sont pleinement impliqués. De plus, la CFE-CGC partage les recommandations du CNI qui vous ont été présentés aujourd’hui.

Si l’industrie française a retrouvé ses marges d’avant crise et accru ses investissements, la part allouée à l’investissement productif reste encore, pour la CFE-CGC, insuffisante, malgré tous les dispositifs qui ont été créés.

Et surtout, pour que tous ces dispositifs de soutien à l’investissement et à l’innovation soient pleinement efficaces, il est primordial de s’assurer que les investissements soient réalisés avec comme objectif principal un maintien ou un développement de l’activité et de l’emploi en France. Cette question est particulièrement sensible pour le Crédit Impôt Recherche (citons l’exemple récent d’INTEL, qui après avoir bénéficié de plusieurs dizaines de millions d’euros de CIR a décidé, en 2016, de fermer tous ses centres R&F en France !).

La CFE-CGC demande qu’une attention tout particulière soit adressée à la filière des composants électroniques, semi-conducteurs, gage de réussite de l’Industrie du Futur (projets avions électrique, voiture autonome …). Nous avons des entreprises leaders dans ce domaine, attention, certaines sont actuellement fragilisées !

Concernant la politique filière, que nous soutenons, il est important de ne pas oublier les « petites entreprises » de chaque filière. Prenons à titre d’illustration la filière ferroviaire : les commandes « miraculeuses » passées par les « pouvoirs publics » en septembre 2016,  profitent bien entendu au carnet de commande d’Alstom, mais quid des autres usines française de cette filière ? Nous pensons notamment à la société VALDUNES, producteur de roues, essieux pour le ferroviaire, dont le carnet de commande reste dramatiquement très bas.

Par ailleurs, la CFE-CGC regrette la position prise par le gouvernement français lors du conseil européen des ministres de l’environnement du 28 février 2017, réunion qui portait sur la révision de la directive « échange de quotas de CO2 ». Sur cette question, la Commission Européenne propose un système qui conduira inéluctablement à un désinvestissement massif dans les outils de production d’acier en Europe et qui sera sans effet sur les émissions de gaz à effet de serre (le CO2 qu’il soit produit en Asie ou en Europe a le même effet sur le réchauffement climatique !).

La position du gouvernement de soutenir la proposition de la Commission, à l’opposée de celle soutenue par le CSF Industries Extractives et première Transformation, est une position dogmatique, néfaste à la sidérurgie européenne et par conséquent française.

Pour conclure, l'industrie a besoin que les décideurs politiques, ceux d’aujourd’hui mais encore plus ceux de demain, s’accaparent pleinement du sujet, qu’ils s’investissent pour restaurer l'image de l'industrie dans l'esprit des français.

Beaucoup a été fait, il reste beaucoup à faire !

Intervention d’Eric VIDAL au titre du Comité Stratégique de Filière Automobile

« La filière automobile s’inscrit totalement dans l’avis portant sur la formation continue et l’apprentissage. Je voudrais juste l’illustrer par des mesures concrètes déjà engagées. Ainsi grâce au projet PIA PFPE (Partenariats pour la Formation Professionnelle et l’Emploi) dont le nom est ACE (Attractivité, Compétences, Emploi), l’automobile se dote d’un dispositif pour les compétences dans l’automobile. Plus concrètement encore je citerais la création des campus des métiers et des qualifications de l’automobile : 3 sont déjà créés : un dans les Hauts de France, avec le ferroviaire, un en Bourgogne Franche Comté et un en Ile de France. Deux autres sont en cours : en Auvergne Rhône Alpes et en Normandie.

L’automobile est aussi engagée dans les parcours d’apprentissages partagés, et a mis en place un label d’apprentissage qui se nomme LAFAM (Label Apprentissage de la Filière Automobile).

Enfin la filière automobile est favorable aux CQP et, puisque nous sommes en plénière CNI, je rappelle que la filière automobile est tout à fait convaincue de la pertinence et de l’utilité des travaux et des sujets inter-filières.

Ce qui explique sa présence fervente aux travaux de la section thématique transversale des métiers et compétences du CNI. »

 

Trouver un syndicat

Vous recherchez la carte ou le plan Le Syndicat  et de ses environs ? Trouvez l’adresse qui vous intéresse sur la carte interactive

Rechercher